Représentation de Babi, le Dieu guerrier de l'Égypte ancienne - AI generated
Rate this page

Bienvenue dans cet article dédié à Babi, également connu sous le nom de Baba, le Dieu guerrier de l’Égypte ancienne. Dans les méandres de la mythologie égyptienne, Babi occupe une place particulière en tant que divinité associée à la guerre, à la violence et à la fertilité. Découvrons les aspects intrigants de la vie de Babi, y compris ses batailles épiques, ses relations amoureuses et sa descendance.

Représentation de Babi, le Dieu guerrier de l'Égypte ancienne - AI generated

I. Babi, le Dieu guerrier égyptien

Babi, également connu sous les noms de Baba ou Bebon, est une divinité issue de la mythologie égyptienne, incarnation divine du babouin hamadryas. Ce singe sacré, bien présent dans l’Égypte ancienne, symbolise à la fois l’animalité sauvage et une forme de vitalité indomptée. Le nom de Babi signifie littéralement « Taureau des babouins », ce qui en fait le chef de cette espèce connue pour son agressivité et sa sexualité débridée.

En tant que tel, Babi est devenu le dieu de la virilité des morts et de la fertilité dans l’au-delà. Il est souvent représenté en babouin ithyphallique, son phallus dressé servant parfois symboliquement de mât à la barque transportant les âmes justifiées vers les îles bienheureuses d’Aaru. Par ailleurs, il incarne des aspects sombres : on le décrit comme un dévoreur d’entrailles, se nourrissant des âmes impures après leur échec à l’épreuve de la pesée du cœur face à Maât. Son lien avec la destruction se reflète aussi dans sa position près d’un lac de feu, image infernale où il guette les fautifs. Ce mélange de bestialité, de justice crue et de puissance sexuelle en fait une figure ambivalente, redoutée mais essentielle dans l’imaginaire funéraire égyptien.

Dans l’art égyptien, il est souvent dépeint comme un homme avec une tête de babouin ou parfois comme un babouin debout sur ses pattes arrière. Son image peut varier en fonction des époques et des régions, mais son aspect général reste reconnaissable. Les sculptures et les peintures à son effigie sont souvent présentes dans les temples et les tombes, témoignant de l’importance accordée à cette divinité.

II. Les exploits de Babi

Il est au cœur de plusieurs récits mythologiques marqués par la violence, la transgression et le chaos. Le plus célèbre d’entre eux figure dans le Papyrus Jumilhac, où il entre en conflit avec Thot, le dieu lunaire de la sagesse et des scribes. Dans ce mythe, Babi accuse à tort Thot de vol devant Rê et l’Ennéade. Les accusations étant sans fondement, Thot se venge en lançant un sort humiliant : pendant que Babi dort, le dieu inscrit une malédiction sur son sexe, qui gonfle de manière incontrôlable lors d’un acte sexuel. Piégé, incapable de se détacher de sa partenaire, Babi est jugé et exécuté par Thot devant les dieux.

Cette légende, à la fois grotesque et punitive, souligne les excès de Babi et justifie certains rituels comme le sacrifice de chiens (animaux avec lesquels il est parfois confondu).

Une autre légende, issue du Papyrus de Genève, raconte comment Isis met en garde Horus enfant contre Babi et ses 77 chiens. Mordu par l’un d’eux, Horus est soigné grâce à une plante solaire, tandis que le chien meurt après ingestion du remède. Ces récits présentent le dieu non seulement comme un être lubrique, mais aussi comme un danger errant qu’il faut conjurer, une force primale que les dieux et les hommes cherchent à contrôler.

III. Les amours de Babi

Sa sexualité est au centre de sa mythologie, mais rarement abordée sous l’angle de l’union ou de la descendance. Aucune partenaire divine précise ne lui est officiellement attribuée dans les textes, si ce n’est des mentions génériques ou anonymes.

Dans le mythe de sa punition par Thot, sa partenaire est simplement désignée par « mnt » (un terme équivalent à « quelqu’un »), suggérant un anonymat volontaire ou une négligence symbolique. Cette absence de filiation divine n’empêche pas Babi d’être perçu comme le « premier-né d’Osiris » dans certaines régions, une tentative peut-être d’intégrer cette figure trouble dans la théogonie funéraire d’Osiris.

Mais ce statut ne repose pas sur une union, mais sur une fonction rituelle liée à la Douât. On note par ailleurs que dans des textes funéraires, l’organe génital du défunt est parfois assimilé à celui de Babi, garantissant des rapports sexuels dans l’au-delà.

IV. Le culte de Babi

C’est le foot (babi-foot)… bon j’avoue, ça faisait un moment que je voulais la placer.

Plus sérieusement, son culte n’était pas structuré autour de temples majeurs, mais il occupait une place bien établie dans les pratiques funéraires. Son nom apparaît dans plusieurs passages du Livre des Morts, notamment dans la salle des deux Maât, où il attend, aux côtés d’Ammout, les âmes jugées indignes. En ce rôle, Babi dévore les condamnés, incarnant ainsi la sanction ultime face à la violation de la Maât.

Dans certains textes magico-religieux, des formules identifient le défunt à Babi pour lui garantir une vigueur sexuelle dans l’au-delà. Le phallus dece derneir est ainsi invoqué et intégré dans des rituels où il devient un outil sacré, voire protecteur.

Le personnage de Babi, bien qu’obscur comparé à Osiris ou Anubis, continue de fasciner par son ambivalence et sa charge symbolique. Dans les études égyptologiques contemporaines, il illustre la manière dont les Égyptiens associaient la sexualité, la justice et la survie dans l’au-delà. Des artistes ou auteurs modernes ont ponctuellement convoqué sa figure pour interroger les limites du sacré et du grotesque, ou pour explorer des figures de masculinité archaïque et dérangeante. Son image de babouin ithyphallique (mot compte triple au scrabble), à la fois protectrice et monstrueuse, a été réinterprétée dans des récits de fantasy, des bandes dessinées ou encore des jeux de rôle traitant du panthéon égyptien.